François David et Antoinette Pham Photo Ouest-France
Antoinette Pham peint le frémissement des arbres. François David trouve les mots pour l’accompagner, des poèmes empreints de silence et d’harmonie, dans un style proche du haïku.
François David, qui a grandi dans la capitale, a fui Paris à 25 ans (dans les années 1970) pour venir s’établir dans la Hague, près de Cherbourg, où il est devenu professeur de lettres au lycée Millet. Il n’a plus quitté le Cotentin, où il est devenu écrivain et éditeur. Il a tout d’abord créé une revue littéraire sur cassettes, une expérience fort singulière qui a tenu cinq numéros. Ensuite sont venues, en 1988, les éditions Motus, d’abord spécialisées dans la poésie, avant de bifurquer vers le livre de jeunesse.
François David lui-même est l’auteur d’une centaine de livres conçus avec un grand nombre d’illustrateurs. C’est un peu sa marque de fabrique: écrire à partir d’images ou d’illustrations que lui proposent des artistes, peintres ou dessinateurs, des oeuvres qui entrainent chez lui une envie de texte, texte qui n’aurait pas existé sans ce dialogue.
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| Antoinette Pham |
Antoinette Pham est une artiste d’origine vietnamienne. Elle travaille dans la tradition de l’encre sur papier de riz, un art ancestral chinois qui remonte au VIe siècle. Sa démarche est nourrie par la pensée orientale, bouddhiste et taoïste. Sa peinture est le reflet de sa manière d’être, « l’art du simple ». « Chaque trait, chaque trace devient un chemin vers la sérénité. »
François David — c’est ainsi qu’il travaille — ne tente pas ici de commenter les images. Ce sont les images qui « déclenchent le texte » et le texte ensuite qui « prend sa liberté ».
Antoinette Pham capte à merveille le frémissement des arbres dans leur nudité au milieu des vents qui les entourent. Arbres dénudés. Arbres torturés. Arbres déchirés. Dans sa préface, la sinologue Yolaine Escande rappelle avec justesse cette pensée du sage taoïste Zhuangzi (Tchouang-tseu): « Le vieil arbre tordu, naturellement inutile, est celui qui vit le plus longtemps, tandis que l’arbre utile est abattu ou transformé en outil. »
Les peintures d‘Antoinette sont des concentrations de beauté et d’énergie. Ses arbres sont magnifiquement ridés et tordus. Ils sont écartelés mais bien vivants. Leurs branches caressent les nuages.
B.S.
François David et Antoinette Pham: « Et les branches caressent les nuages », éditions Le Voyageur assis, Anneville-en-Saire, 2026.
Et les racines
quittent la terre
Et les troncs s’envolent
en balais de sorcières
chevauchant vers le soleil
Et les branches
caressent les nuages
Ni bleu azur ni bleu nuit
juste à la lisière
sous l’écorce de nos corps
délicieusement pressentie
l’heure bleue
Sous un arbre penchée
au-dessus du vide
la branche placide





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