14/05/2026

Les confessions exquises d’un baby boomer brillant

 

Philippe Barbot.                                  DR

J’ai adoré le nouveau livre de Philippe Barbot, « L’état du véhicule témoigne de la violence du choc ». Un titre étrange, qui fait écho de toute évidence à un stage d’étudiant journaliste dans un canard de province. L’auteur n’en est pas resté là évidemment, il a été pendant 20 ans la plume rock  émérite de Télérama. Et aujourd’hui pas question de rater ses chroniques toujours impeccables et magnifiquement écrites pour le magazine Rolling Stone.

 

Philippe Barbot livre ici ce que l’on pourrait appeler les confessions d’un baby boomer qui avait 15 ans en 1968 et qui raconte avec sensibilité et subtilité quelques scènes de sa jeunesse, quelques tranches de sa vie: son bahut, sa gratte électrique, les filles qui le rendaient marteau, les aventures d’Oumpah-Pah (et de Double Scalp), l’ombre du général de Gaulle, la vie en communauté, les fanzines underground… Chroniques tendres et légères, qui peuvent aussi être poignantes: souvenirs vibrants d’une mère courage, d’un père au sourire si rare. Philippe ne cache rien de ses tristesses : ni ses chutes dans l’escalier, ni ses copains partis trop tôt, pas même une tentative de suicide…

 

Et puis la bande-son du livre est irréprochable. Je ne suis pas surpris : Philippe est l’une des plus belles plumes du rock et de la chanson depuis plus de 40 ans. Son plaisir d’écrire, avec un goût sûr, ne s’est jamais relâché. 

 

Et on se régale avec la playlist éclectique du livre, qui commence par Carte De Séjour (« Douce France ») et Debbie Harry (« French Kissin’ In the USA ») et se termine avec Joy Division (« I Remember Nothing ») et Johnny Hallyday (l’inévitable « Souvenirs, souvenirs »).

 

Personnellement, j’y aurais bien ajouté le mémorable « Astral Weeks » de Van Morrisson, que Philippe me fit découvrir chez lui, à l’époque où nous étions condisciples à l’école de journalisme de la rue du Louvre. Non, je n’ai pas oublié le plan astral du génial Irlandais et de ses chansons miraculeuses. We are going to heaven, in another time. Un des plus grands albums de notre sacrée jeunesse.

 

Bruno SOURDIN.

 

 

Philippe Barbot: « L’état du véhicule témoigne de la violence du choc », Editions Il est Midi. 

 


 

  


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire