24/11/2023

Les super-héros de Cyrill Perrot revisitent les chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art

Cyrill Perrot et ses super-héros.                                                                            (Photo Ouest-France)



Le « Narcisse » de Nicolas Poussin s’est transformé en Captain America. Wonderwoman, Flash, Elektra et Hulk ont pris la posture du « Penseur » de Rodin. Peintre de fresques, Cyrill Perrot excelle dans l’art du détournement. 


Installé dans un village du bord de mer du Coutançais, cet ancien des Beaux-Arts du Havre est devenu restaurateur de tableaux. Mais sa grande passion est la fresque. A Coutances, il expose au musée Quesnel-Morinière des grands formats qui évoquent la peinture murale et la modernité du street art. Il a aussi peint des fresques sur les murs de la ville, comme celle qui détourne le « Jugement dernier » de Michel-Ange: des super-héros y sont confrontés aux conséquences du changement climatique. « Ils se donnent pour mission de sauver des jeunes de la montée des eaux, tout en chassant d’un coup de balai les responsables de cette catastrophe. »


Ses « Macadam Heroes » du musée de Coutances, issus de l’univers Marvel et DC Comics, réinterprètent quelques-uns des chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art. «Souvent mélancoliques et à l’opposé de leur toute puissance habituelle, les  super-héros de Perrot sont plongés dans des environnements urbains sales, la rue et son macadam de goudron, qui évoquent une planète en proie à la pollution, où l’humanité semble avoir disparu. »


Visite-promenade dans l’univers magique de Cyrille Perrot:



Dérive

La toile est inspirée du « Radeau de la Méduse » de Géricault. Un escadron de super-héros s’égare entre la terre et la lune. Un vaisseau spatial, qui est en train d’explorer l’espace, vient à leur secours.
















Sauver la planète

Un trio fabuleux de super-héros (Aquaman, Flash et Captain America) et une héroïne impressionnante (Wonder Woman) font la promesse de sauver la planète. C’est bien « Le Serment des Horaces », de David, remis au goût du jour par Cyrill Perrot. Le parallèle est éclatant.





















Annonciation/ Soho

Sous la forme d’un diptyque, cette annonciation reprend le thème de l’annonce de l’ange Gabriel à Marie, mais en change complètement la signification. Ici  à Soho, dans un intérieur new yorkais, c’est Wonder Woman qui annonce à Falcon l’explosion d’une bombe nucléaire. Dans l’esprit de Cyrill Perrot, cette toile évoque « la force dissuasive qui pèse sur le monde depuis la guerre froide ». La pose de Wonder Woman est une réplique de « La Sibylle de Delphes » de Michel-Ange.





















Narcisse/America

Au milieu d’une déchetterie, Captain America reprend la pose de Narcisse, un personnage de la mythologie grecque représenté par Poussin, peintre emblématique de la peinture classique française du XVIIe siècle. On peut y voir une métaphore de « la ruine de notre civilisation » mais aussi un mince symbole d’espoir : « La nature a une force de régénérescence qui ne demande qu’à se manifester. »

















Variations pour une pensée

Des super-héros en profonde méditation sur la condition humaine et leur rôle dans le monde. Une posture qui n’est pas sans rappeler celle du « Penseur » de Rodin, mais aussi, ajoute Cyrill Perrot, celle de « La Mélancolie », la fameuse gravure de Dürer, telle qu’on peut la contempler au musée du Louvre.





Cyrill Perrot: « Macadam Heroes », au Musée Quesnal-Morinlère à Coutances (Manche)










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