Affichage des articles dont le libellé est Jean-Noël Levavasseur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean-Noël Levavasseur. Afficher tous les articles

29/12/2017

Voir Bayeux et mourir





Marion Chemin (photo Ouest-France)

Jusqu’ici Marion Chemin s’était illustrée dans le genre de la nouvelle, nouvelle noire, nouvelle punk ou grunge. Elle affectionne les histoires sombres qu’elle raconte avec une voix très personnelle et un style pénétrant. Avec un vrai talent d’écriture.

Elle est née en Bretagne, à Saint-Brieuc, mais vit en Normandie, et la Normandie qu’elle restitue est particulièrement glauque, à l’image de celle de Jean-Noël Levavasseur, son compagnon. Avec lui, elle a créé le personnage de Martin Mesnil, un intérimaire itinérant que les injustices révoltent et qui va, cette fois-ci, se trouver confronté à un réseau de traite de femmes.
L’action se déroule à Bayeux, la belle endormie du Bessin. Martin est recruté comme gardien d’un hôtel particulier que possède un cinéaste de renom, « un mec bien ». On lui demande d’accueillir les invités de l’illustre propriétaire. Mais dans cette maison sinistre, il va mettre au jour un énorme réseau de prostitution pour des clients fortunés. Un univers carcéral sidérant. Une chambre de torture et des pratiques extrêmes. « Sur les murs, un tas d’outils, de fouets, de cravaches et autres pinces étaient méticuleusement rangées par thème : ce qui coupe, ce qui écrase, ce qui brise  et ce qui brûle. » A vomir.
Tout ce qui meurt me touche, le polar de Marion Chemin, frappe très fort. C’est un premier roman très réussi. Avec des scènes qui heurtent et vous glacent le sang. Avec aussi de super dialogues. Une vraie découverte.


Marion Chemin : Tout ce qui meurt me touche, Orep éditions.

(publié dans Quetton l'Arttotal, la revue underground fondée par JF Rocking Yaset en juin 1967. Numéros 34 et 35, décembre 2017)

03/07/2016

Isigny est un cauchemar


Polar

En juin 1944, Herman est un soldat allemand de 18 ans en garnison à Isigny-sur-Mer. La guerre n’est pas du tout son domaine. Il tombe amoureux de Jeanne,  juste avant le Débarquement. Un amour interdit et impossible.
Cinquante ans plus tard, à Berlin, il croit reconnaître l’image de Jeanne dans un reportage à la télé. Il veut revoir cette femme qu’il n’a jamais oubliée et qu’il aime toujours secrètement. Ce sera son premier voyage depuis la chute du Mur.

Isigny est une petite ville normande séduisante, réputée pour son beurre, ses fromages, ses moules et ses caramels. Une petite ville tranquille qui n’a pas été épargnée par le bruit et la fureur des combats de 1944. « Le diable avait mis les deux pieds au paradis », résume Jean-Noël Levavasseur, qui connaît tout de sa ville, aussi bien ses attraits que sa part d’ombre.
Isigny prédispose au dédoublement. 

A peine débarqué, Herman, qui a gardé le goût de l’inconnu et de l’aventure, y renoue avec les feux de l’enfer. Jeanne, son amoureuse de l’été 44, est morte depuis 10 ans. Marie-France, la fille de Jeanne, se trouve mêlée, sans le savoir, à un trafic de drogue qui va dégénérer. 
Herman arrivera-t-il à temps pour la tirer de ce cauchemar diabolique ? Son chemin va croiser celui d’un chanteur raté et de deux truands sans scrupules, le Petit Tonio et Le Shérif, sombre ordure à la carrure de déménageur et pas la moindre trace d’intelligence. Et la fin de l’aventure est terrifiante. 

Jean-Noël Levavasseur

Maître du frisson venu de Normandie, Jean-Noël Levavasseur s’emploie, avec délectation, dans ce très sombre Herman dans les dunes, à décrire les noirceurs de l’âme humaine, la haine, le désespoir, la vengeance et la lâcheté, qui est plus forte que tout.
Cinquante ans plus tard, dans les dunes d’Isigny, Herman a retrouvé les tourments et les splendeurs de l’enfer.

B.S.



Herman dans les dunes, de Jean-Noël Levavasseur, édition Goater Noir.