18/03/2014

Laisse le bon temps rouler


Pupilles brillantes
L’enfant bleu
Tremblant dans cette bonne nuit.
Laisse le bon temps rouler. 

Pulsations.
Ragas furieux
Sous mes paupières fermées.
Laisse le bon temps rouler. 

Hommes-oiseaux déguenillés
Et le vieux vent vomissant
Le spectre blessé de la ville.
Laisse le bon temps rouler. 

La mousson arrive
Dans son wagon de crânes
Toujours et à jamais.
Laisse le bon temps rouler. 

Litanies des visages grimaçants
Soufflant leurs chagrins familiers.
Donne-moi la vie que j’aime.
Laisse le bon temps rouler. 

Vieil Ange Minuit traînant au lit.
Ses gopis l’attendent en secret
Dans la salle des machines.
Laisse le bon temps rouler. 

Et toi, vieux frère corbeau,
Vieux flâneur de l’âme, je t’en supplie,
Garde ta mélancolie à jamais.
Laisse le bon temps rouler.


(Bruno Sourdin, Hazel, Éditions Les Deux-Siciles, 2005)






1 commentaire:

  1. Si j'avais été critique littéraire, je serais sans doute devenu chiant. Je préfère en rester à mes belles émotions de lecture, quand les mots s'entrechoquent et créent l'image. Perso, j'aime beaucoup.
    Merci.

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