03/02/2014

Chanson pour Li Po

A Daniel Giraud


Il y avait le soleil de l’aube
Il y avait le vent dans les feuilles
Il y avait ces pichets de bon vin
Il y avait l’herbe sauvage
Il y avait mille oiseaux qui venaient manger dans sa main
Il y avait le hennissement des chevaux
Il y avait le tumulte des batailles
Il y avait cet air triste de flûte
Il y avait le fleuve qui coulait vers l’Est
Il y avait le sentier et les ronces
Il y avait les nuages mauves qu’il contemplait en montant au sommet de la montagne
Il y avait les cimes
Il y avait le vent qui emportait son bonnet
Il y avait le soleil qui disparaissait lorsqu’il s’allongeait parmi les pins
Il y avait les fleurs qui tombaient dans le crépuscule
Il y avait la cloche du temple
Il y avait le froid et la brume
Il y avait le cri nocturne des singes
Il y avait ses pupilles immenses
Il y avait la joie de l’ivresse
Il y avait la nuit profonde
Il y avait le vrai doute
Il y avait la beauté de la lune au milieu des nuages
et ma vie qui n’est qu’un songe 

Vêtu d’un nuage
en route
pour le monde sacré


(Hazel, éditions Les Deux-Siciles, 2005)



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